mardi 25 août 2009

La biodiversité en question


Hier midi, le thème de la biodiversité était au menu du JT de France 2, avec un reportage sur la raréfaction de l'outarde ou du busard cendré dans nos campagnes. Et la journaliste s'appuie sur les explications d'un "spécialiste" du CNRS, qui s'étonne de ne trouver dans les chaumes d'un blé récemment moissonné aucune adventices ou aucun criquet pour nourrir les oiseaux qu'il est censé étudier et protéger depuis 12 ans... La présentatrice du JT termine le reportage en précisant qu'il "suffirait de laisser 10% de terres cultivées en prairies pour voir revenir la nature"....

Ahhhhh ahhhh, laissez moi un moment pour souffler devant tant d'âneries... je pouffe et j'explose de rage tant l'ignorance de ces reporters parisiens parait vertigineuse...

"revenir la nature", qu'est-ce que cela signifie ? elle doit avoir des oeillières car la nature est là, à la campagne, il suffit de sortir du métro, prendre un ticket de train corail et descendre au bout d'une demi_heure...
"suffirait de laisser 10% de terres cultivées en prairies" : là elle doit ignorer que ce fût le cas pendant plus de 15 ans, cela s'appelait la jachère obligatoire, qui imposait à nos entreprises de ne pas produire sur cet espace recouvert de prairies. Comme si on imposait à Renault de ne pas vendre 10% de ses voitures, mais là c'est pas possible, car c'est le lobby pétrolier... bref, cette situation a existé, et la population des petits oiseaux s'est-elle pour autant développée ? pas sûr, car on nous obligeait en plus à entretenir cette jachère, à savoir la faucher... le must, ce fût l'année où le ministère de l'écologie nous a imposé de ne pas la faucher avant le 15 juillet, tandis que le ministère de l'agriculture nous obligeait à l'entretenir... la nuance est d'importance ! la seule décision pour moi de respecter ces directives contraires fût d'épandre un désherbant total... rigolo, non ? non... certes, avec un peu de coordination entre ministère, cela aurait pu aboutir à un développement de la faune, mais faut pas trop en demander à ces ronds de cuir Rue de Varenne...

Le spécialiste du CNRS qui s'étonne de ne pas trouver de mauvaises herbes dans les champs pour ses petits oiseaux ??? mais faudrait lui expliquer qu'en dehors de son bureau, il y a des espaces dévolus à des activités précises, où les oiseaux ne sont pas la priorité. Les champs de blé produisent du blé, et ses collègues scientifiques qui font des recherches pour produire du blé nous aident effectivement à utiliser des désherbants efficaces contre les mauvaises herbes, principales ennemies de la production de blé. Mais je m'étonne surtout qu'il ne soit pas allé sur un parking de supermarché faire sa remarque idiote : là aussi il aurait constaté qu'il n'y a pas de mauvaises herbes ou de criquet...

Il est évident que la biodiversité doit être un sujet prioritaire, mais je comprends mieux maintenant pourquoi les populations d'oiseaux tendent à diminuer, avec des "spécialistes" aussi affutés que Mr Vincent Bretagnole et ses réflexions primaires.

Je suggèrerais pour ma part que les jachères encore existantes ne soient pas obligatoirement fauchées, que les bandes enherbées obligatoires le long des rivières soient ensemensées avec des fleurs pour favoriser l'activité apicole.

samedi 25 juillet 2009

Une idée pour l'avenir : la gestion durable des déchets ménagers, maintenant !

Je ne suis pas un révolutionnaire des décisions (du genre: supprimer tous les emballages plastiques inutiles dans nos supermarchés...) mais des fois, cela me saoule de remplir ma poubelle de plastiques avant même que j'aie commencé à me nourrir; je me dis qu'avec quelques lois bien rédigées et bien comprises par le grand public, en argumentant sur l'évolution des tonnages de déchets à enfouir chaque années, des tonnages à brûler, des cancers consécutifs à ces usines pas encore encore aux normes (Savoie?), du coût de la construction des futures usines d'incinération aux normes, etc... bref je pense que l'on pourrait faire quelques petits pas dans le bon sens puis accélérer ensuite. A savoir : commencer par des lois qui imposent aux entreprises (l'idée de suggérer aux entreprises ne fonctionne pas...), qui mettent en vente leurs produits finis, de concevoir leurs produits AUSSI en fonction du volume de déchets qu'ils génèrent et de la part de déchets recyclables/non recyclables. Pourquoi ne pas responsabiliser l'entreprise qui met un bien en vente plutôt que de continuer à laisser les collectivités locales à gérer tous les déchets générés par une consommation effrénée. En imposant des critères environnementaux et des taxes vertes pour tout produit générant des déchets (des taxes évolutives en fonction du type de déchet restant une fois le produit consommé: 1%papier & carton, 2% plastique, 5% fer, 30 % plomb...), je pense que cela inciterait les services de recherche & développement de chaque entreprise, qui se verraient ainsi dans l'obligation de trouver des solutions pour emballer ou concevoir des produits en fonction de leur utilisation, mais aussi de leur fin de vie (je pense surtout aux voitures, qui pourraient incorporer davantage de produits biodégradables issus du blé, à la place de plastique actuellement). Le Paris-Dakar a eu le mérite de faire courir en moto un concurrent (agriculteur) avec un engin presque 100% écolo...
Voilà, au lieu de demander aux collectivités locales de continuer à financer des usines d'incinération ou des zones de stockage pour déchets ultimes, invitons les entreprises (non, forçons-les !) à imaginer leurs produits différemment , et vous verrez, avec la menace de voir le concurrent réussir ce challenge plus vite qu'eux (je pense à Toyota qui a cru très tôt aux voitures hybrides), les entreprises réagiront forcément en proposant les mêmes produits mais mieux pensés en fonction de la qualité et la quantité des déchets qu'ils génèreront.

Je rêve d'une voiture où il suffirait d'appuyer sur un bouton en fin de vie du véhicule pour voir se séparer en 10secondes les éléments recyclables métalliques et les autres éléments non métalliques mais recyclables (attention de ne pas appuyer sur le bouton en roulant ou dans les bouchons sur le périph...) l'avenir est dans le recyclage et non dans l'enfouissement des déchets ultimes. Comme pour notre blé, on apporte du fumier, on plante une graine, cela donne un épi qui ira nourrir la vache qui va faire une bouse qui rejoindra le champ...

Voilà, ça c'est une vraie idée concrête pour une politique économique et environnementale DURABLE.

jeudi 23 juillet 2009

Bonjour les mouettes


Bienvenue à la ferme !

Eh oui, je suis fonctionnaire européen, euh... agriculteur en fait, comme on disait avant... j'ai tellement l'habitude que l'on me considère uniquement sous l'angle du montant des subventions que je perçois de l'Europe que je me sens comme un fonctionnaire à qui l'on dicte la façon de travailler, assorti de conditions environnementales. Comme un vrai fonctionnaire, j'ai plein de paperasses inutiles à remplir, pour passer le temps et faire croire que le fruit de ce travail améliore la santé de nos concitoyens... Hum... C'est comme la simplification en agriculture... au début, les bonnes intentions... cela devait concerner le paysan... et puis finalement, ils ont simplifié les méthodes de contrôles ! Résultat : le contrôleur a moins de travail, mais pour ce faire, le paysan a deux fois plus de papiers à remplir, avec le risque décuplé de se tromper dans le labyrinthe des dispositions réglementaires.

Voilà, c'est un blog du quotidien d'une ferme de polyculture élevage du centre Meuse, avec ses moments d'humour et son lot d'absurdités récurrentes de ceux qui sont censés orienter notre métier vers l'avenir...

Et dire que le moustachu râleur va nous représenter au parlement européen pour les 7 années à venir, ça... j'ai bien du mal à l'avaler. Ce Bové correspond vraiment à la définition de l'élu "prêt à tout (pour se faire élire) mais bon à rien". Affaire à suivre...